Lumière !

«  Maman jeune ? » «  mais quelle horreur! » « la pauvre petite, elle a gâché sa vie ! » 

Chose à laquelle je répondrai aujourd’hui, avec tout le recul que j’ai pu prendre ces quatres dernières années, par quelque chose du genre : 

« Plait-il ? Mais qu’entends-je? Qu’ouï-je ? Qu’acoustiquai-je ? » Ça, c’était la petite formule qu’une de mes profs de français au collège lançait lorsqu’elle se sentait offensée par un élève. J’était plutôt mauvaise élève (attention je n’ai pas dit stupide) mais il m’arrivait parfois d’écouter en cours !  

Commencer ce blog sans vous parler du rôle de ma vie ce serait un peu comme mettre cette bonne vieille charrue avant les boeufs non ?

Je vous ramène avec moi en 2014 ( non je n’ai pas de Pensine déso’ pour le faux espoir ) . Nous étions étudiants et ensembles depuis un peu plus de deux ans. Nous nous sommes rencontrés alors que nous étions de jolis petits lycéens. Un coup de foudre, encore ! ( et je réalise en écrivant cet article que je marche au coup de foudre… les humains, sac à mains, fringues, et chaussures comprises ) Notre histoire à tout de suite été très sérieuse, et pour couronner le tout on venait de signer notre tout premier bail. On nageait en plein bonheur! A ce moment précis, je venais de tomber enceinte de Sacha. J’avais à peine vingt ans. 

« Mais WHAAT, t’as pas encore vingt ans et t’as déjà un têtard dans le ventre ?!« 

Il faut savoir que je ne suis pas tombée enceinte par l’opération du Saint Esprit et ai fini par accepter cette grossesse, sans savoir où je mettais les pieds.

Avoir un enfant impliquait beaucoup.

Alors, qu’est-ce que ça fait d’arborer un magnifique  baby bump alors qu’on à encore des traits juvéniles, et le tout, en ayant anéanti tous les espoirs de réussite que tes parents plaçaient en toi? 

Pour être honnête, j’étais vraiment très occupée à essayer de me faire à cet état ressemblant assez sournoisement à la gueule de bois de l’enfer ( genre celle qui vous fait limite regretter d’être un jour venu au monde) avec en prime le teint de Mercredi Adams ( oui je regardais la Famille Adams petite. Qui connait ?)  Et pour les critiques, je les aies toutes entendues et enregistrées soigneusement avec l’envie féroce de prouver que j’en était capable. A ce moment là, je me disais  «  être mère n’est certainement pas facile, mais pourquoi ne pourrai-je pas y arriver ? Parce que je suis jeune ? »  Bien sûr que face à toutes ces critiques, tu te sens de plus en plus vulnérable, et que parfois tu craques, et que tu pleures ( beaucoup même ), car tu sais déjà que tu vas devoir prouver deux fois plus que les autres futures mamans qui sont « en âge », mais il n’y a pas un défi que je n’ai pas accepter de relever. Je ne voulais pas laisser ces gens m’attendre au tournant avec leurs phrases toutes faites du genre  » tu vois, je te l’avais dit, t’as pas les épaules « . Je ne voulais clairement pas entendre ce genre de chose. Je devais y arriver, même mieux que les autres, un point c’est tout.

Entre nous soit dit,  je penses que si je n’avais pas eu cette petite voix dans un coin de ma tête qui me disait que quoi qu’il arriverait tout irait bien, je serais certainement devenu folle.

L’espoir fait vivre, c’est bien connu non ?

Pour ce qui était de la réaction de notre entourage à l’annonce de cette divine grossesse, le panel à été assez large. Certains étaient plus réticents que d’autres. Mais ils ont toujours été là, je dis bien TOUJOURS. 

Vivre et montrer une grossesse, jeune, est une chose, et je garde comme souvenir mémorable que l’un de ses avantage, c’est clairement de pouvoir crier «  Attention ! brioche dans le four!, brioche dans le four! » et de voir les gens s’écarter pour vous laisser passer, telles les eaux devant moïses. 

Mais pousser fièrement une poussette, tenir la main d’un marmot, faire face à un caprice CA-RA-BI-NE en plein milieu du supermarché ( ou tous les lieux  possibles et inimaginables ), l’inscription à la crèche, puis à l’école, la première rentrée des classes face à certains parents interrogatifs, les consultations chez le pédiatre et j’en passe, le tout, avec ton joli petit minois, en est une autre.

J’évoque bien évidemment le regard des autres, de ceux qui s’auto-baptise les «  grandes personnes » .Tout est sujet aux critiques. Je parle en connaissance de cause. Je me suis ramassée des sauts de merde sur la gueule, comme d’autres l’ont subit et le subiront encore. 

Comment ne pas penser à cet accouchement, chose qui grâce à cette fabuleuse société dans laquelle nous vivons, cette French touch et sa façon de penser,  reste ancré, et le restera certainement toute ma vie. Pour l’évoquer rapidement, il fût rendu plus horrible encore, qu’il n’aurait dût l’être, par le comportement de deux personnes qui ne semblait pas cautionner qu’une petite minette accouche. j’avais et j’ai toujours ce sentiment que pour ces personnes-là , je ne ferais pas « l’affaire » . Comme vous pouvez l’imaginer, désolée pour le spoiler, mais un « accouchement » dans son intégralité, c’est à dire du début du travail, à la naissance, c’est  extrêmement long, difficile, épuisant et douloureux ! Mais c’est d’autant plus difficile, d’avoir une telle chose à l’esprit alors que tu t’apprêtes à donner la vie, surtout si jeune. ( pauvre petite fille naïve que tu es ! )

Avec le recul j’ai passé le plus clair de mon temps à essayer d’analyser la réaction des gens, leur haussement de sourcils, leur petit air interrogatif , leurs mimiques sans savoir vraiment ce qui les dérangeait à ce point. Sans parler de ceux qui veulent savoir votre âge. 

«  19/20/21 ans, ah c’est jeune ,vous êtes courageuse.. » répondaient-ils avec de grands yeux pour le plus souvent.

Il est frappant de constater à quel point il est important de rentrer dans le moule, surtout quand on sait qu’aujourd’hui d’après l’Insee, les femmes françaises accouchent de leur premier enfant à l’âge de 28,5 ans. 

Et que selon une autre étude, l’adolescence se terminerait à 24 ans.  

On est bien loin des cases non ?

Aujourd’hui, j’ai 24ans ( je suis donc censée sortir de l’adolescence ), je suis mariée au père de mes enfants, et Maël est venu agrandir notre famille. Je crois que je peux dire que grace à ce petit ange, je me suis enfin réconciliée avec la maternité. J’ai arrêté d’accorder de l’importance à toute cette négativité, bien que cela fait très longtemps que je me suis donner un bon coup de pied aux fesses pour paraitre crédible, et ne plus ressembler à une petite nana de seize ans et demi.  Attention les mirettes, j’ai posé le doigts sur deux gros problèmes. Le paraitre et la crédibilité, et comme par hasard, cela allait de paire à l’époque. Maintenant j’ai clairement adopté la méthode du  » rien a foutre ».

« Inspire, expire : Rien a foutre » Essayes tu verras !

Ma force, pour pouvoir être la meilleure version de moi même, et surtout la meilleure mère possible, je la tire de mes enfants qui me mettent à l’épreuve chaque seconde, ce qui me demandent une remise en question continuelle. Mais aussi et surtout grâce à mon vécu, et de ces personnes qui n’ont jamais cru en moi. Je pense n’avoir jamais autant prôner la bienveillance, la positivité, le respect et l’amour de soi-même et des autres, que depuis que j’ai des enfants. Ce sont des choses qui font et feront parti de leur éducation, car cela fait également parti de leur histoire. Aujourd’hui, à travers cet article, je veux dire à toutes ces personnes «  merci », merci d’avoir été aussi dure avec moi. Vous m’avez fait developper une perle de persévérance et une envie profonde de soulever des montagnes pour mes enfants. L’envie de vouloir ce qu’il y a de meilleur pour eux est indélébile. et je peux vous jurer que l’on à jamais rien sans rien ! On n’a pas ce qu’il y a de mieux en s’apitoyant sur son sort et en laissant toutes les difficultés qui peuvent emplir une vie, prendre le dessus.  Tout n’est qu’une question de choix. La façon dont nous souhaitons mener notre vie nous appartient entièrement . Que ce soit au sujet du mariage, des enfants, de votre carrière professionnel, de vos finances… rien ne peut être du au hasard de la même façon que cela ne peut être remis sur le dos de quelqu’un d’autre. Que vous en ayez bavé pendant quelque temps, ne  signifie par qu’un beau jour, quelqu’un viendra toquer à votre porte pour vous sortir de votre canapé et vous offrir la vie dont vous rêviez, pas même papa ni maman.

Un jour je me suis réveillée, et j’ai regretté d’avoir perdu tout contact avec ma meilleure amie. Alors je l’ai appelée. J’ai voulu reprendre ma vie en main, j’ai repris des études etc… Personne ne nous à souffler l’idée de ce blog, nous avons même des personnes assez dubitative autour de nous. Mais personne, oh grand  personne n’est venu nous chercher au fin fond de nos patelins respectifs ! 

Pour finir, je crois qu’il est important de dire que chaque chose entreprise pour ma part, a toujours été réalisée en ayant mes Minus dans un coin de ma tête.

A très vite,

Pauline